L'actualité relative aux mouvements sectaires n'a pas épargné la formation. Ainsi, une dépêche de l'AEF (n° 114260) nous apprend que "90 % des régions déclarent avoir été confrontées à des dossiers présentant un risque sérieux de charlatanisme et/ou de dérive sectaire". Ce chiffre ne fait qu'appuyer ce que nous avions tous plus ou moins à l'esprit : en matière de formation, comme partout ailleurs, il y a du bon et du mauvais. Et parfois du très mauvais même.
Alors pendant que les législateurs s'interrogent sur la réforme de la réforme (dont le projet de loi est dores et déjà copieusement critiqué), les responsables formation doivent composer avec une offre de formation toujours aussi peu lisible. Avec le risque d'envoyer leurs salariés suivre une formation chez le Gourou local. Et il est certain que le DIF ne va pas arranger les choses, à voire le nombre de fois où il est mobilisé pour des formations dites "comportementales".
Alors vous me direz : comment identifier ces dérives sectaires pour les combattre ? A un problème, plusieurs solutions possibles :
Soit vous vous reposez sur ce qu'offre notre bon vieux cadre juridique et qui est valorisé comme une reconnaissance de l'Etat par les organismes de formation que nous dénonçons : l'agrément. Vous ne trouvez pas cela suffisant ? Nous non plus ! Si le simple fait d'avoir le droit de former suffisait à certifier la qualité de la formation qui sera proposée, nous ne serions pas là pour en parler...
Soit vous avez la chance d'avoir des salariés très communicants : "C'était sympa la formation, je tenais vraiment à venir vous voir en face pour vous dire merci ! Bon, c'est vrai qu'il y avait quelques pratiques surprenantes, mais rien de grave...". A vous d'identifier le propos et d'agir en conséquence. Tous vos salariés ne prennent pas le pli de venir vous rendre visite après une formation ? Le contraire aurait été étonnant.
Soit vous scrutez les résultats des évaluations grâce aux questionnaires qui ont été distribués par le formateur en fin de session (vôtre questionnaire et/ou le sien, peu importe). Mais si, vous savez, le questionnaire qui est rempli à la va-vite, avant de prendre le train, avec parfois le formateur qui regarde ce que vous écrivez au-dessus de votre épaule et qui lit attentivement vos commentaires devant vous une fois le questionnaire complété. On ne va pas demander à tout le monde d'avoir le courage de dénoncer par écrit des pratiques un peu hasardeuses quand le "Maître" est encore dans la pièce. De plus, comme mentionné dans la dépêche de l'AEF, ces formations "ne proposent pas non plus de dispositif d'évaluation permettant d'apprécier les compétences acquises".
Soit vous décidez de mettre en oeuvre une réelle évaluation de la formation, dont vous aurez l'entière maîtrise, tant sur la forme que sur le fond.
Si vous optez pour cette dernière solution, rassurez-vous, il n'y aura pas de risque qu'un quelconque charlatan ou gourou passe la porte de votre entreprise. En tout cas, pas par la porte de la formation.
Nous évaluons chaque jour un grand nombre de formations, de tous types, y compris comportementales. A ce jour, nous pouvons assurer que nos clients ne sont pas confrontés à ce type d'énergumènes. Et si malencontreusement c'était le cas un jour, l'information collectée leur permettrait d'agir rapidement et d'ajouter l'organisme de formation sur une liste noire, d'où ils n'auraient jamais dû sortir.